Derrière l'écran de la révolution sociale

J'ai acheté et lu le livre de Nicolas Séné intitulé Derrière l'écran de la révolution sociale. Ce livre, paru dernièrement aux Éditions Respublica, décrit et tente d'expliquer les conditions de travail dans le secteur de l'informatique en général et des SSII en particulier. Dans la mesure où je travaille dans ce milieu, peu de points m'ont réellement surpris, mais on sent chez l'auteur une certaine surprise qui rend le livre plutôt agréable à lire et apporte un éclairage et un recul intéressant.

J'ai tout de même découvert le syndrome du bâtiment malsain ce qui ne fait que renforcer ma conviction sur le fait que des conditions (matériels) de travail correctes sont primordiales pour l'efficacité comme pour la santé ! Ensuite, certains passages m'ont vraiment fait sourire comme l'anecdote du refus d'une augmentation de salaire sous prétexte que l'intéressé fronce trop les sourcils devant le client ou encore Altran refusant une augmentation générale au moins conforme à l'inflation pour se réserver la possibilité d'une augmentation sanction de 0% pour motiver les salariés.

En tout cas, j'ai bien reconnu certains travers (vus ou même vécus personnellement) sur l'individualisme, l'offshore, les openspaces, les stagiaires, le jeunisme, l'économie à tout prix, ou notre chère convention collective Syntec... Bref ce livre me parle et devrait aussi vous parler si vous êtes dans ce milieu et si vous n'y êtes pas certains pré-jugés devraient tomber. Pour poursuivre sur ce sujet, vous pouvez aussi suivre le blog associé au livre qui rapporte les réactions et l'actualité autour de cet ouvrage.

» Commentaires

- Grosse société (#68981) par Maxime T le 29 novembre 2010 à 08:11
Salut Damien,

Je l'ai aussi acheté ce bouquin,main n'ai pas encore eu le temps de le lire, par contre je suis d'accord avec toi, le syndrome du bâtiment malsain existe vraiment et on le subit très souvent : bureau 50 ou bureau 24.13. Les espaces sont petits, pas assez éclairés, température trop chaude ou trop froide.
Depuis que le CHSCT a pris les choses en main dans ma boite, honnêtement, on a plus d'espace et on a plus de confort.
Ce qui m'étonne le plus c'est que certaines personnes, vaguement concernées par le projet ou la mission, ne voient pas la corrélation entre la qualité du code et le confort du développeur. A mon sens, c'est trivial. De leur point de vue, c'est un manque à gagner.

Je recommande néanmoins deux autres ouvrages plus ou moins dans le même genre :
- Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens : http://www.amazon.fr/Petit-trait%...n-lusage-honn%C3%AAtes/dp/2706110449
- Guide pratique pour réussir sa carrière en entreprise : Avec tout le mépris et la cruauté que cette tâche requiert http://www.amazon.fr/Guide-pratiq...e=UTF8&qid=1291014524&sr=1-1

Le premier est plus un résultat de recherche qui s'est transformé en livre, utile pour détecter les tentatives de manipulation.
Le deuxième est un livre sur les moyens de "réussir" dans l'entreprise, expliqué par un ancien consultant (certaines méthodes font un peu peur).

Voilà, et puis j'en profite, un peu d'auto promo, ça fait jamais de mal :
http://www.wascou.org
http://www.wascou.org/eng/Company/Blog

Max
- Mon premier ebook et sans DRM en plus ! (#68983) par Grokwik le 30 novembre 2010 à 00:39
Je viens de l'acheter. Merci pour le lien. Je le lis et je te dit quoi... ;-)
- Derrière l'écran de la révolution sociale - Le Livre ! (#69035) par peppino_impastato le 27 février 2011 à 23:49
Enfin un livre sur ce sujet qui empoisonne le marché du travail français depuis prés de 20 ans.

Est-ce les lois trop contraignantes ou l’avidité de personnage sans éthique et sans morale ? Mais le fait est, que l’industrie française a donné naissance à ces SSII. Au détriment de ses droits et de la valeur de son travail, l’ingénieur français vient remplir les caisses de ces sociétés de « traite » souvent tenu par des personnes peu scrupuleuses et enclins à toutes les méthodes pour tirer un revenu de cette exploitation humaine (revente en cascade, faux CV, …).
Aujourd’hui à 42 ans je regarde avec amertume les années passées à travailler pour ces SSII.

A qui la faute ? le législateur certainement, car les lois sont : soit mal faites ou soit mal appliquées. Mais à mes yeux, le Synthec a la grande responsabilité de fermer les yeux sur ce « marchandage intellectuel », pourtant interdit qui touche quasi 100% des entreprises inscrites. Enfin les prud’hommes sont particulièrement laxistes avec ces SSII sur les motifs de licenciements souvent peu consistants. Cet environnement produit un « interim de luxe » qui satisfait les industriels et les dirigeants de SSII, mais qui va à l’encontre du sens de la loi et du droit des ingénieurs français (formation, obligation des employeurs, ….).

Il faut néanmoins distinguer les grosses SSII des plus petites. En effet les grosses cultivent un vrai “savoir faire métier” et sont sensibles à l’évolution de carrière de leur salariés. Est-ce dû à la présence de syndicats, de CE puissants ou à une simple volonté de leur pérennité ? Les plus petites, en revanche, ont la simple optique de faire un beau coup , sans se soucier de l’après mission. En effet pour des petites structures il est assez simple de licencier pour raison économiques dès qu’un salarié est en inter-contrat.

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